Décryptage Zénith

Sous les tropiques ~ Zénith

Décryptage de la semaine

Ah, l’été ! Le moment où le soleil atteint son zénith… Vu la météo des derniers jours, rien n’est moins sûr ! Allez, on ne se laisse pas abattre et on découvre l’origine du zénith avec le décryptage du O’, la rubrique qui ne craint pas les coups de soleil !

Décryptage Zénith

Zénith, un mot qui n’a rien nadir ?

Bien au contraire ! Zénith, nom masculin, est une réfection (1572) de cenith (vers 1370). Il s’agit d’une mauvaise lecture de zemt, transcription dans l’alphabet latin de l’arabe سمت samt « chemin ». On l’emploie surtout dans l’expression samt ra’s « chemin (au-dessus) de la tête »[1].

Le mot désigne le point de la sphère céleste situé à la verticale ascendante d’un observateur, opposé à nadir[2]. Le zénith est à 90° de hauteur par rapport à l’horizon.

Le zénith est le point sur la verticale au-dessus de notre tête tandis que le nadir est le point sur la verticale situé sous nos pieds. En coordonnées horizontales, l’axe zénith-nadir est perpendiculaire au plan de l’horizon astronomique (ou céleste), tandis que le zénith et le nadir sont les pôles du grand cercle de l’horizon. Le méridien céleste du lieu passe par ces pôles que sont le zénith et le nadir[3].

 

Il s’emploie (1608) pour « point culminant ». On dit d’ailleurs d’une personne/entité qu’elle est « à son zénith » quand elle atteint son apogée.

Notons également l’adjectif zénithal, ale, aux (1612, zénital), repris au XIXe siècle (1842). Il s’applique :

  • À ce qui est relatif au zénith (1872, distance zénithale)
  • Ou à ce qui est situé au zénith (fin XIXe siècle)[4].

Avant de conclure, revenons sur un élément important, à savoir…

 

Zénith ou point de culmination ?

Une rapide leçon d’astronomie sur une erreur assez commune. Il ne faut pas confondre le zénith avec le point de culmination. De quoi s’agit-il ? C’est le point le plus élevé de la trajectoire d’un astre dans le ciel (ici, le soleil).

Qui n’a pas entendu : « Il est midi, le soleil est à son zénith » ? Il s’agit en fait d’un abus de langage. En effet, le soleil apparaît au zénith… une ou deux fois par an ! Un peu à la manière du vendredi 13, il faut des conditions très précises ! C’est ici qu’entrent en jeu les tropiques !

Décryptage Zénith
Non, pas ces tropiques là…

 

Les tropiques sont les deux parallèles du globe terrestre qui délimitent une bande à l’intérieur de laquelle le Soleil apparaît au zénith au moins une fois dans l’année. Chaque tropique est séparé de l’équateur par 23° 26′ 12″ de latitude. Au nord, le tropique du Cancer ; au Sud, le tropique du Capricorne[5].

La partie du globe située entre les deux tropiques (zone blanche), comprend tous les points de la Terre où le Soleil passe au zénith à midi solaire. Le phénomène se produit donc une ou deux fois dans l’année. Pour se faire, sa déclinaison doit être égale à la latitude du lieu, d’où son extrême rareté.

Au nord du tropique du Cancer ou au sud du tropique du Capricorne (zones rouges), le soleil n’atteint jamais une élévation de 90°. Il ne se trouve donc jamais à la verticale du sol.

Sur les tropiques mêmes, le Soleil atteint le zénith une fois par an, le jour du solstice d’été.

 

Et pourquoi nomme-t-on ainsi les tropiques ?

Prouvons à présent qu’astronomie et géographie font bon ménage. On désigne aussi sous le nom de tropiques les régions du monde situées près de ces lignes, en particulier les zones littorales et insulaires de ces régions.

Ah ! Cette fois, c’est bon !

Maintenant, à défaut d’une météo favorable, vous pourrez briller en société… tel un soleil !

Hannibal LECTEUR, en pleine zénith’ude !

 

En bonus : lui, il remplissait les zéniths. Sea, sex and sun, Serge Gainsbourg (1978).

 

 

Notes et références

[1] Cf. azimut (avec entourloupe ou non).

[2] Nadir, nom masculin, emprunte (1366) à l’arabe نظير, nazīr aš-šams « opposé au soleil ». Le latin médiéval atteste nadir dès 1233 et l’italien nadir (avant 1350). Le mot est un terme d’astronomie désignant la sphère céleste opposée au zénith. On en a tiré l’adjectif nadiral, ale, aux « relatif au nadir » (1868), d’usage rare et didactique.

[3] Source : Dictionnaire de l’astronomie.

[4] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

[5] On attribue les noms de « Cancer » et « Capricorne » environ 2 000 ans auparavant. Ce choix se justifie alors par la position qu’occupe le Soleil dans le zodiaque au solstice d’été. Ces positions ne sont plus valables aujourd’hui. En effet, l’emplacement exact des tropiques varie sur des échelles de temps géologiques avec l’inclinaison de la Terre sur son orbite.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Barbecue

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