(en)Fin de semaine ~ Week-end

Décryptage Week-end

Décryptage de la semaine

Comme c’est le week-end, O’Parleur a décidé de vous parler… du week-end ! Niveau immersion, on ne peut pas faire mieux. Explication dans un décryptage qui a hâte d’être en… bref, vous avez compris !

 

Vive les super week-ends

Comme le décryptage, on l’attend impatiemment à la fin de chaque semaine (NDLR : « Ah bon ?! »). Nous l’avons d’ailleurs souhaité 29 fois à notre aimable lectorat dans nos articles. Pour son premier mot en « W », le rendez-vous des amoureux de la langue française a choisi… un anglicisme ! Shocking !

Sans surprise, week-end[1], nom masculin, est un mot anglais (1879).

Décryptage Week-end
Un élément de plus à ajouter à la longue liste des emblèmes venus du Royaume-Uni et que nous adorons. Bien fait pour toi, rivalité franco-britannique !

Dans ses premiers emplois, le terme désigne :

  • La période de fermeture des magasins et de suspension des affaires, du samedi au lundi (1878) ;

Un nom à coucher dehors

  • Puis la période de repos accordée aux travailleurs après la semaine normale de travail[2];
Décryptage Week-end
À la fin du XIXe siècle, placard publicitaire pour le « Savon des Trois 8 » (soit 8 heures de travail, 8 heures de loisir et 8 heures de sommeil).
  • Et spécialement ce congé passé à la campagne à faire du tourisme, etc.

Le mot « week-end » apparaît en 1906 en Angleterre chez Coulevain dans L’Île inconnue. On l’utilise à propos de l’Angleterre ou d’un pays de langue anglaise. En France, il commence à se répandre entre 1920 et 1926 (Giraudoux, Bella).

 

L’influence de la semaine anglaise

Le week-end[3] est une locution qui désigne les deux derniers jours de la semaine, le samedi et le dimanche, période pendant laquelle la plupart des gens sont au repos. Si nous rappelons cette évidence, ce n’est pas parce que nous avons besoin de partir en week-end (quoique…), mais parce que cela n’a pas toujours été le cas.

La faute à la semaine anglaise[4]… et au lundi !

Décryptage Lundi
Une explication tout sauf lunaire !

Remontons à la fin du XVe siècle, période à laquelle les ouvriers réclament un jour de congé supplémentaire, en plus du dimanche. Décision est prise de ne plus travailler le lundi. Comme la paie tombe le samedi, les ouvriers honorent le seigneur le dimanche et vont boire le lundi.

Santé !

Le jour se voit d’ailleurs baptisé « Saint Lundi » à partir du XVIIIe siècle.

 

Le Saint-Lundi au soleil….

Le phénomène se généralise en Europe. Un problème demeure toutefois. Les ouvriers ont tendance à trop fêter le Saint Lundi…

Une loi anglaise adoptée en 1854 impose l’arrêt du travail le samedi à 14h00. C’est la semaine anglaise… qui n’est absolument pas respectée !

En 1855, une nouvelle tentative, cette fois appuyée par le patronat anglais, est accueillie plus favorablement. En 1874, une loi remplace officiellement le Saint-Lundi par le samedi après-midi. La semaine anglaise trouve alors un écho particulièrement fort aux États-Unis, qui vont même aller plus loin.

L’Amérique adoptant le repos en fin de semaine (Allégorie)

En effet, la communauté juive, bien implantée, éprouve des difficultés à célébrer le sabbat sur une demi-journée. Les Américains vont donc instaurer le repos sur le samedi complet. En 1940, le week-end tel que nous le connaissons est définitivement adopté. Il s’impose en France en 1950… sous une condition assez particulière.

On stipule que « le dimanche ne peut être jour de repos que si le samedi la femme peut faire son nettoyage et la lessive ».

Décryptage Week-end
Vive le progrès ! Les dames apprécieront…

Pour l’anecdote, un quotidien français de 1923 indique que :

Les métiers parisiens pratiquent la semaine anglaise qui était au XIIe-XIIIe siècles la semaine française. Des Français, elle passa aux Anglais qui, dans leur esprit de tradition, la conservèrent. D’Angleterre, elle vient de passer en France débaptisée[5]. 

De là à dire que les Français ont inventé le week-end… Voilà qui ne va pas apaiser la rivalité franco-britannique !

 

Week-end et fin de semaine

Le mot désigne aujourd’hui la fin de la semaine et le congé de fin de semaine. Le remplacement par fin de semaine, employé au Québec (d’ailleurs en concurrence avec week-end), est possible pour la première acception.

Mais l’anglicisme s’impose parfois à cause des connotations du second sens (loisir, séjour hors des grandes villes) et de l’emploi particulier dans des syntagmes comme week-end prolongé.

Le « week-end » anglais des banques et des maisons de commerce a amené la création en France de semaine anglaise (1914), par référence au mode d’organisation du travail institué en Angleterre ; cette expression est sortie d’usage. Les adaptations graphiques de week-end (ouiquende, ouiquinde) ne se sont pas imposées[6].

À présent que vous savez tout, vous pouvez profiter des deux jours qui viennent pour :

  • Aller à la plage…
Décryptage Week-end
RRR… zzz…
  • Couper du bois…
Décryptage Week-end
RRRR… zzz…
  • Faire du sport…
Décryptage Week-end
RRR… zzz…
  • Promener le chien…
Décryptage Week-end
RRR… zzz…

Ou toute autre (in)activité…

Décryptage Week-end

Quant à nous, en guise de conclusion, nous sommes obligés de vous souhaiter un bon week-end ! (NDLR : « 30 ! ») La boucle est bouclée !

Hannibal LECTEUR, Yes, week-end !

 

En bonus : Week-end à Rome ♫ Étienne Daho (1984)

 

Notes et références – Week-end

[1] L’anglais week « semaine », en moyen anglais wike, weke, vient du gotique wiko, d’un germanique °wikôn, probablement « succéder », « céder la place à », lié à °wik-, « tourner », « changer », qui se rattache à une base indoeuropéenne °weik– « changer » (d’où le latin vicis ; cf. fois, vice-). Le second élément end « fin », du germanique einde, vient du sanskrit ánta (cf. grec anti, latin ante ; cf. antérieur, antique).

[2] Le Oxford English Dictionary indique qu’un magazine anglais, Notes and Queries, utilise le terme « week-end » pour a toute première fois en 1879. Il fait référence à ce « jour de repos » dont les ouvriers font usage pour festoyer et se récompenser de leur semaine de travail.

[3] Ou weekend (de l’anglais weekend) ou la « fin de semaine » ou FDS (au Québec).

[4] Semaine de travail de cinq jours, laissant libre les samedis et dimanches, instaurée par les anglais.

[5] Source : icalendrier.fr.

[6] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

Retrouvez notre précédent Décryptage Paréidolie