Se prendre un râteau
Illustration, expression se prendre un râteau

EXPRESSION ~ Se prendre un râteau

Décryptage de la semaine

« Madame, permettez-moi de vous servir le fond de ma pensée ; je vous aime.
– Oh, mon cher Alesio, vos mots me serrent le cœur et lèchent mon orgueil ! Mais votre langue est devenue folle, restons amis cela vaut mieux. »

Voici un exemple de râteau romancé que l’inspiration, en cette matinée d’avril, m’aura livré.
Sempiternelle problématique dans l’art de la séduction où se rencontrent une pluralité de désirs dissensuels, se prendre un couvercle (Portugal) fait loi sur les planches du théâtre de nos jeux amoureux où l’ajustement sentimental et le consensus émotionnel constituent sa finitude.

Notre expression du jour, se prendre un râteau, est apparue récemment dans notre vocable idiomatique, à la fin du XXème siècle dans les années 90.
Quant à son origine, une double filiation peut être établie.

Le premier lien originel qui rattache cet outil de jardinage à une tentative de séduction ratée, est l’effet de surprise brutal et douloureux pour l’égo, similaire entre le fait de se prendre un manche de râteau en pleine poire et subir le refus catégorique de l’élu de son cœur de partager une idylle amoureuse.
Pour ce qui concerne la seconde racine de l’expression, elle émane de la proximité des termes « rater » et « râteau », ironiquement intervertis pour appuyer l’effet cocasse d’une défaite cuisante de l’orgueil induite par la mise au jour d’un dissensus sentimental et d’une méprise des intentions d’autrui.

Concluons avec variante métaphorique tout aussi imagée  qui nous provient d’Argentine, que voici : « une gorgée amère ».

Retrouvez notre précédent Décryptage → Voir quelque chose par le petit bout de la lorgnette