Décryptage Remettre les pendules à l'heure

Synchronisation des montres ~ Remettre les pendules à l’heure

Décryptage de la semaine

Ce week-end, O’Parleur vous aide à remettre les pendules à l’heure. Explications dans cet ultime décryptage (Oooh ! *tristesse*) … avant le passage à l’heure d’été (Aaah ! *soulagement*).

Synchronisation des montres ! (Parker Lewis ne perd jamais)

 

Une étymologie qui a la langue bien pendule

Nous nous penchons aujourd’hui sur le funependule. Oui, oui, vous avez bien lu. Ce nom masculin emprunte au latin des savants, funependulus[1], qui signifie « suspendu à un fil ».

Il se compose :

  • De fune, ablatif de funis « corde, câble » (cf . funambule, funiculaire) ;
  • Et de l’adjectif pendulus « qui pend », dérivé de pendere (cf. pendre).

Ainsi, en 1629, Galilée parle de funependulum pour désigner un corps mobile autour d’un point fixe et oscillant sous l’action de son poids.

 

En 1658, le mot perd définitivement sa première syllabe et devient donc pendule. Il s’agit d’une aphérèse[2]. On le retrouve dans les dénominations pendule simple (1858) ou pendule conique (1861), etc… Au XIXe siècle, il concerne tout objet animé d’un mouvement comparable (1838). Au figuré, il désigne une alternance de phénomènes différents ou contradictoires (1869, Victor Hugo).

Il s’emploie aussi en alpinisme pour désigner une manœuvre par laquelle le grimpeur attaché à une corde traverse un passage difficile par un mouvement pendulaire (1910)[3]. Et quid de remettre les pendules à l’heure ?

 

Remettre les pendules à l’heure : juste une mise au point…

LE Pendule est aussi à l’origine de LA pendule, dont on relève la première apparition en 1557[4].  Il s’agit de l’abréviation de l’expression horloge à pendule (cf. horloge) pour désigner une petite horloge[5].  

Avec le temps (c’est le cas de le dire), horloge se spécialise pour désigner des instruments importants ou collectifs. De facto, pendule est, avec montre, le mot le plus employé parmi ceux qui désignent les instruments usuels de mesure du temps.

Dès 1683, des ouvrages très sérieux expliquent comment remettre les pendules à l’heure :

C’est pourquoy on se poura contenter de mettre l’éguille sur la véritable heure par un lever ou coucher du Soleil ou de la Lune, ou bien par les Estoilles polaires, comme il est marqué cy- dessus , & quelque temps après remettre la pendule à son heure […]

La Connoissance des temps…, Joachim d’Alencé

S’il s’agit ici d’un terme technique, notre locution apparaît quant à elle au vingtième siècle[6]. Se basant sur l’idée de synchronisation, remettre les pendules à l’heure signifie donc : « mettre les choses au point, repartir à zéro, redéfinir des conditions »[7].

Hannibal LECTEUR, fait une mise au point avec sa montre à quartz

ET avec Jackie Quartz….

 

En bonus : chose promise, chose due. Comment remettre les pendules à l’heure avec C’est pas sorcier !

 

Notes et références

[1] Mersenne écrit funependulum, au neutre. Marin Mersenne (1588-1648), connu également sous son patronyme latinisé Marinus Mersenius, est un religieux français appartenant à l’ordre des Minimes, érudit, mathématicien et philosophe. On lui doit les premières lois de l’acoustique, qui portèrent longtemps son nom. Il établit concomitamment avec Galilée la loi de la chute des corps dans le vide.

[2] Une aphérèse, du grec ancien ἀφαίρεσις / aphaíresis, « ablation », est une modification phonétique impliquant la perte d’un ou plusieurs phonèmes au début d’un mot. Par exemple : « bus » pour « autobus ».

[3] Pendule, sous sa forme masculine, produit également l’adjectif pendulaire (1867, oscillation pendulaire) « propre au pendule ». Il s’emploie lui aussi par analogie, spécialement en mécanique (1874), en cardiologie (1928), en pathologie (1932, démarche pendulaire) et en sociologie (migrations pendulaires, 1968). Notons également le verbe intransitif  penduler, au sens d’« effectuer un mouvement pendulaire » (1912) en alpinisme et (1926) en général.

[4] Apparition antérieure au pendule masculin, donc.

[5] On en a tiré le diminutif pendulette, nom féminin (1893).

[6] Aucune mention dans les dictionnaires du XIXe siècle et, après recherches, seulement dans la seconde moitié du XXe siècle (Amis Lex. fr. Lex. dern. 1976 no 11/12, pp.2-3).

[7] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Motus et bouche cousue

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