Penser un communautarisme humaniste

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L’utopie : une société idéale sans inégalités, injustices ni communautarisme.  Le pari semble difficile tant il est dur de s’accorder en fonction de nos croyances, cultures et affects. Dès lors, pourrions-nous vraiment vivre « tous ensemble » dans une société idéale malgré nos divergences ?

Dans le cadre du Focus sur l’utopie, O’Parleur vous propose la réédition de ce billet qui offre une réflexion philosophique sur le communautarisme. Avec l’aimable autorisation de son auteur.

 

Utopie – Penser un communautarisme humaniste

Hooliganisme, racisme, nationalisme, christianisme, etc.

Le communautarisme revêt l’apparence de multiples formes qui pourtant sous-tendent le même désir : le sentiment d’appartenance. Dans une société sans repère, sans limite, sans fond, le vertige s’empare de l’esprit et l’instinct grégaire resurgit. L’unité fait la force, une maxime encodée à l’intérieur de notre génétique humaine dans le but de survivre dans un monde où la solitude porte un coup fatal à la survie de notre espèce. Bichat disait « La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort », fonctions que l’intégration à une communauté permet de sublimer.

La connaissance comme remède à l’obscurantisme

La volonté de puissance nietzschéenne constitue le tropisme vital nécessaire à toute vie, éternellement en quête de cette essence groupusculaire. Cependant, le communautarisme est soumis aux sempiternelles dérives de l’ignorance d’où procède la peur de l’inconnu et du néant. Pour combattre ce fléau le poète Lucrèce nous transmit le plus efficace des antidotes : l’inclination vers la connaissance.

« Plus on augmente sa science, plus on fait reculer la foi, plus on fait reculer la peur ».

Le sentiment d’appartenance confère à ses sujets un rempart psychologique et matériel dans la mesure où celui-ci apporte une forme de protection (parfois illusoire) au sein du groupe social. C’est ainsi que son dépassement semble indépassable. Et effectivement, le communautarisme est indépassable chez toute espèce vivante dans l’unique projet de sa pérennisation. Nulle espèce ne se cannibalisera ou ne poussera sa solitude sociale jusqu’à son extinction totale. Cependant, comme nous l’avons vu, le communautarisme est certes vital mais il n’en reste pas moins destructeur dans ses dérives sectaires. L’essence de tout excès est irrémédiablement néfaste à la diversité. La nature de toute chose ne se maintient que grâce à la limitation de ses excès et sa capacité à repousser l’entropie permanente.

L’humanisme comme planche de salut

S’il devait exister un communautarisme humain, positif ce serait un communautarisme étendu à l’échelle de l’humanité sans aucune autre distinction de valeur en son sein. Ce communautarisme humaniste est l’un des facteurs essentiels et incontournables dans l’objectif d’atteindre une véritable homéostasie collective chez l’être humain. Un « méga-communautarisme »,  humaniste, modéré mais total, institué comme valeur suprême purgera de lui-même les imperfections des divers communautarismes existants. Son maintien et sa survivance sera rendu possible grâce à la « néguentropie », la pacification des rapports interhumains et l’unification des valeurs premières et inaltérables. Cependant il n’en restera pas moins fragile car la première rétractation de son périmètre l’anéantirait.

Le communautarisme n’a de sens que lorsqu’il est vecteur de stabilité. Quand il organise le désordre, il devient une menace.

H.L

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