Sous l’eau ~ Piquer une tête

Décryptage de la semaine

Bientôt l’heure du départ, on boucle les valises, on remplit la voiture… et on fait un dernier détour par la plage pour piquer une tête ! O’Parleur clôt ses décryptages estivaux en se plongeant dans les origines de cette expression.

Décryptage Piquer une tête
GlouGlouGlou (et vous trouvez ça drôle!)

Fatal °pikkare

Le verbe transitif piquer[1] apparaît vers 1306. Il puise son origine dans le latin populaire °pikkare qui signifie « entamer avec une pointe, frapper ». Le verbe naît de l’impression que fait un mouvement rapide suivi d’un petit bruit sec. Il remonte à un radical expressif pikk- :

  • P pourrait exprimer le déclenchement du mouvement ;
  • La voyelle I son acuité et sa brièveté ;
  • Et K son aboutissement.

Le mot, tiré de pic[2], exprime le fait de percer avec la pointe de certains objets, par exemple une épée.

 

Piquer une tête, une expression… qui tombe à pic !

Piquer a de nombreuses extensions de sens. Il signifie d’abord « faire un trou, ronger » en parlant des vers (vers 1480). De ce sens naîtra au XIXe siècle la locution familière pas piqué des vers (puis des hannetons, 1832) pour « être excellent ».

Le verbe implique couramment l’idée de « tomber, s’enfoncer » en particulier à propos d’un oiseau ou d’un avion (1914)[3]. Dans l’usage familier, il signifie « faire une chose brusquement » (1840). On parle ainsi de piquer un somme (1886)[4] et de piquer un soleil (1844) ou un fard au sens de rougir.

Rougir comme… une pivoine !

 

La locution piquer une tête émerge (haha !) en 1842. Elle exprime le fait de tomber vivement la tête la première[5]. Par extension, elle désigne l’action de faire un plongeon, de se jeter dans l’eau la tête la première.

Et n’oubliez pas : il faut TOUJOURS vérifier qu’il y a assez d’eau…

Bon retour de vacances et profitez bien de vos derniers jours de repos. Quant à moi, je retourne me plonger… dans la langue française !

Hannibal LECTEUR, préfère les naïades à la noyade

 

En bonus : un « plongeon » mémorable… Predator, de John McTiernan (1987).

Schwarzie aime piquer une tête, de temps en temps. Le Predator (ou Yautja de son espèce), lui, aime piquer des têtes, littéralement.

 

Notes et références

[1] A ne pas confondre avec son ancien homonyme piquer « démolir à coups de pic » (2e moitié du XIIIe siècle).

[2] Ce terme existe dans toutes les langues romanes (catalan, espagnol, portugais, picar) à l’exception du roumain.

[3] Cf. piqué.

[4] Après avoir dit piquer un chien (1831).

[5] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Glander

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