Décryptage Macho

Journée de la femme ~ Macho

Décryptage de la semaine

La journée internationale des femmes approche à grands pas (le 8 mars) et O’Parleur met à l’honneur… le macho ! Comment ?! 364 jours consacrés à l’homme ne suffisent plus ? Réponse dans un décryptage qui soigne le mâle par les mots.

 

Macho, un nom qui fait mâle !

Macho est un nom masculin, forcément ! Attesté en 1971, il vient d’un mot hispano-américain usuel au Mexique (1928). Il emprunte à l’espagnol macho qui signifie « mâle » (début XIIIe siècle)[1]. Ce latin pas vraiment loveur tire son origine du latin classique masculus pour mâle, masculin.

Comme indiqué dans le dictionnaire, on emploie familièrement le mot à la fois :

  1. En parlant d’un homme latino-américain (notamment mexicain) conforme à l’idéologie virile de ces sociétés[2] ;
  2. Et, par extension, de tout homme phallocrate[3].

 

Dans les années 1970, on introduit en français machisme (1971), qui vient aussi de l’espagnol du Mexique machismo (vers 1959)[4]. Il a pour dérivé machiste (1972), concurrencé par phallocrate, plus répandu[5]. Ah ! Elle est belle, la solidarité masculine !

 

Et Dieu créa l’infâme

Notre macho connaît la « consécration » (en un mot, j’insiste) dans les années 60-70[6]. Durant cette période, des mouvements de libération des femmes émergent. Les revendications sont nombreuses : libre disposition du corps des femmes, remise en question de la société patriarcale, égalité des droits (moraux, sexuels, juridiques, économiques, symboliques…), etc.

Le terme a été utilisé en premier en Amérique latine, pour dénoncer les comportements masculins agressifs et violents envers les femmes. Il s’est exporté chez nous au début des années 70 avec ses dérivés (cf. plus haut). On l’emploie majoritairement de manière péjorative.

Le macho, c’est cet individu mi-figue misogyne :

 

Convaincu (en un mot, j’insiste) d’avoir toujours raison, surtout quand il a tort, le sexe faible n’est pas son fort. Ce mâle obtus, doublé d’un malotru, reste persuadé que la femme ne sera jamais son égal ! Et cela tombe bien, puisqu’il nous inspire notre conclusion.

Comme se plaisait à dire Marilyn Monroe :

La femme qui cherche à être l’égale de l’homme manque d’ambition.

 A bon entendeur !

 

Hannibal LECTEUR, qui ne serait pas grand-chose sans Annie BALL-LECTRICE

 

En bonus : Macho man, des Village People (1978)

 

Notes et références

[1] Au sens propre, macho s’utilise pour parler des animaux.

[2] Le terme peut parfois avoir le sens de « courageux » ou de « valeureux ». Dans la culture nahuatl, l’expression Macho n’a rien à voir avec la dérivation du latin « masculus » du mot « macho ». Il veut dire, traduit en espagnol, ejemplar, c’est-à-dire, « digne d’être imité ». Mais le terme a rarement une connotation aussi méliorative ou positive dans son utilisation.

[3] Du grec phallo, qui a produit toute une liste de termes : phallocrate, phallocratie, et phallocratique (tous apparus vers 1965). Il s’agit d’une série d’usage courant à propos de l’attitude masculine de mépris des femmes.

[4] Vulgarisme pour virilidad (correspondant à virilité).

[5] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

[6] Sur le sujet, lire : Sylvie CHAPERON, « La radicalisation des mouvements féminins Français de 1960 à 1970 », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, vol. 48, no 1,‎ 1995, p. 61–74. Consultable à cette adresse.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Les pieds en bouquet de violettes

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