L'erreur est humaine l'entêtement est diabolique
Illustration, expression l'erreur est humaine, l'entêtement est diabolique

Expression ~ L’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique

Décryptage de la semaine

Errare humanum est, perseverare diabolicum, « l’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique ». Cette locution latine, autrefois attribuée au philosophe et homme d’Etat romain, Sénèque, se trouve être finalement antérieure au précepteur de Néron, puisque nous retrouvons la trace de cette expression sous d’autres formes chez le philosophe Tite-Live et chez l’orateur le plus célèbre du forum romain, Cicéron. A partir de ces éléments, nous pouvons donc estimer l’apparition de notre expression du jour entre le IIème et le Ier siècle avant J.-C.

L’expression, l’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique, souligne dans un premier temps la vulnérabilité et l’imperfection de l’être humain ; deux attributs indissociables de notre humaine condition, qui se sont révélés être deux moteurs prépondérants de l’histoire des civilisations humaines, toujours tâtonnantes, toujours irrésolues mais éternellement mouvantes et bourgeonnantes.

Dans sa seconde partie, l’idiome est une injonction à la tolérance et un appel à l’indulgence dans les périodes de nos vies durant lesquelles nous sommes confrontés inévitablement aux fautes d’autrui ; erreurs par essence inévitables du fait de son humaine perfectibilité, qui nous amène trop souvent à penser à l’instar de J-P Sarte que « l’enfer, c’est les autres ». En outre, ces quelques mots rendus populaires dans la bouche de Sénèque, nous invitent aussi et surtout au pardon de nos propres manquements, essentiel à la continuation sereine et équilibré de notre étant.

Cependant, malgré sa grande mansuétude, l’expression se refuse de justifier et de laver l’ensemble des crimes du genre humain. En effet, une limite est tracée sur le territoire de la faute acceptable, qui une fois franchie ne peut être exemptée de tout reproche. Cette frontière se situe à l’endroit de la répétition du même « fautif », que l’expérience aurait dû nous garder de reproduire.

Par ailleurs, une autre caractéristique humaine, trop humaine semble nous cerner avec une acuité déconcertante et mettre à mal notre réelle capacité à apprendre de nos erreurs et nous corriger en conséquence. Ce trait de caractère est contenu de cette citation lapidaire du philosophe allemand Friedrich Hegel et ouvre la réflexion quant à nos réelles capacités à dépasser nos imperfections lancinantes : « L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire. »

Retrouvez notre précédent Décryptage → Dire des messes basses

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