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L’animal politique face aux contraintes écologiques

POLITIQUE ET ÉCOLOGIE, L’IMPOSSIBLE MARIAGE ?

Creuset révélateur de la confiance perdue en nos élites politiques et industrielles, les sommets de la Terre, ces événements planétaires qui semblent voués à la bérézina depuis 46 ans – dont le point de départ se situe en 1972 avec l’organisation de la première COP à Stockholm – réunissent en grande pompe la majorité des dirigeants politiques de ce monde autour de la question devenue centrale de la gestion raisonnée et raisonnable de notre environnement.  Des congrès dont l’expression est le résultat d’une prise de conscience tardive de la dépendance du genre humain à son biotope ainsi que la nécessaire mise en commun des enjeux écologiques scellée par un pacte de solidarité au niveau mondial. L’objectif de ces mirifiques cérémonies sur le thème de l’écologie consiste à déterminer et orienter les efforts à produire dans le but de freiner l’engrenage écologiquement destructeur dans lequel nous sommes entraînés et  de corriger les imperfections à l’impact environnementalement négatif de nos modes de production et de consommation. De ces longues discussions et interminables négociations à couteaux tirés accouchent usuellement des engagements unilatéraux, des feuilles de route et des traités dans l’espoir d’aboutir à une amélioration de la situation écologique.

L’heure du bilan

Aujourd’hui règne un sentiment de déception et de frustration patent, comme un relent d’amertume dans la bouche d’une humanité qui se sort douloureusement du songe d’une sortie politique responsable, durable et onirique de la crise écologique dont nous ne faisons que percevoir les premiers soubresauts. D’une cause commune, celle de la pérennité de notre environnement induisant la pérennisation de notre espèce, d’un intérêt  vital qui aurait pu resserrer des liens d’amitié aujourd’hui en berne au sein de la communauté humaine, il ne subsiste désormais qu’une sensation de trahison, de déraison et d’abandon de la part de nos élites politiques. Plus que jamais nous devons faire avec l’haleine de plus en plus corrosive d’une planète contaminée par une névrose humaine, trop humaine. Nos vies sont un chaos et nous faisons de notre environnement un enfer sans comprendre que notre impact et notre dépendance au milieu qui nous a enfantés fait que la santé de notre écosystème est maintenant intimement liée à la santé mentale de la société humaine.

Et pourtant, malgré notre attentisme criminel et la sclérose de nos systèmes politiques empêtrés dans leurs contradictions, c’est à travers « la politique » que nous réussirons le plus efficacement à juguler l’impact environnemental négatif de nos activités. La réussite (future) de la cause écologique à l’instar de la réussite politique (future), se déterminera à travers le mariage « forcé » et incontournable de ces deux composantes. La situation dans laquelle nous sommes nous interdit d’opérer une dissociation entre deux univers à l’évidence perméables et de plus en plus intriqués.

La politique comme concept

Bien que désabusée par l’appareil politique, les comportements irresponsables et iniques de nos dirigeants, la politique est par essence une composante indispensable et probablement indépassable de notre humaine condition. « L’Homme est par nature un animal politique »[1], en tant qu’il réalise sa nature humaine au sein de la cité par interaction avec ses congénères, en partageant des lois et des coutumes communes. Du grec « polis », la cité, et « techné », la science, la politique est une science de l’organisation des sociétés humaines. Elle se rapporte au système de gouvernement d’une communauté, d’un Etat et détermine le périmètre de son action au nom d’une nation.

C’est pourquoi la politique en tant que concept-outil des peuples, par les peuples et pour les peuples est l’unique moyen que possède l’humanité pour effectuer un recadrage écologique d’ampleur mondiale, durable et coordonné. Le combat écologique nécessite que nous agissions ensemble et seule la politique peut nous donner l’opportunité d’y parvenir à condition que la majorité raisonnée s’empare de la souveraineté qui lui incombe en l’extirpant des griffes de l’hubris[2] régnant.

A.M.M

[1] Les politiques, Aristote

[2] Chez les Grecs, tout ce qui, dans la conduite de l’homme, est considéré par les dieux comme démesure, orgueil, et devant appeler leur vengeance. (Larousse, dictionnaire français)

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