Crayon sur fond jaune - Billet citoyen, la pédagogie neutre et la théorie des genres
Illustration, du billet citoyen, la pédagogie neutre et la théorie des genres

La pédagogie neutre et la théorie des genres

LA PÉDAGOGIE NEUTRE EST-ELLE UN MODÈLE ÉDUCATIF VIABLE POUR METTRE FIN AUX STÉRÉOTYPES DU GENRE ?

Vanté pour son avant-gardisme, le modèle éducatif scandinave est un cas d’école régulièrement cité à titre d’exemple pour sa modernité. Son succès éclatant sur la scène internationale réside dans le niveau d’égalité entre les sexes considéré comme le moins inégalitaire de la planète. Pour exemple, la Suède s’est distinguée récemment par une innovation linguistique, s’inscrivant dans la lutte contre les stéréotypes du genre, en promouvant dans son vocable un nouveau pronom personnel asexué, « hen ». Une seconde étape a été franchie en ce sens par ce pays d’Europe du nord en développant un réseau scolaire calqué sur les principes de la pédagogie neutre. Cette initiative encore décriée à l’intérieur comme à l’extérieur du pays fait office de véritable laboratoire pédagogique, dont la mise en oeuvre et les premiers résultats sont observés avec attention par les autres pays occidentaux. Cette nouvelle forme éducative repose sur des principes tels que la neutralité du genre concernant l’ensemble des valeurs et des connaissances transmises à l’enfant, la stricte égalité entre les élèves et la tolérance. L’objectif poursuivi par cette nouvelle méthode pédagogique est ainsi de juguler la transmission de stéréotypes genrés et tarir la source des discriminations liées au sexe masculin et féminin.

Encore aujourd’hui les stéréotypes du genre sont nombreux et relèvent d’un obscurantisme aux racines lointaines ; bien avant la genèse qui travailla à renforcer la noirceur de cet épais brouillard et à le maintenir à travers les siècles dans le ciel des religions monothéistes. Pendant plus de deux millénaires, le seul grief retenu contre la femme fut d’être accusée du péché originel par la plus grande fiction à succès de tous les temps.

Cependant, avant l’apparition du christianisme, l’Empire romain opérait déjà une nette distinction entre les activités et les vertus qui incombaient aux hommes et aux femmes. A l’homme revenait la pratique du courage pour la défense et le maintien de la cité et à la femme l’exercice de la pureté afin d’assurer la pérennité démographique et la clarté du lignage.

Deux sociologues, Bergeron et Gaudereau mettent en lumière cette dichotomie comportementale héritée des deux genres. On y apprend que l’identité masculine se construit autour de l’autonomie, la rationalité, la compétitivité, l’action et l’atteinte des objectifs ; tandis que les femmes sont catégorisées arbitrairement comme des êtres affectueux, passifs, émotifs, vulnérables et doués d’une compréhension limitée de son étant. Sigmund Freud reconnaît également en elles le narcissisme et le masochisme. C’est ce qui s’appelle faire deux poids, deux mesures.

La pédagogie neutre se donne pour mission d’effacer le tableau de ces élucubrations approximatives en déclarant l’uniformité entre les identités masculine et féminine. Cependant, là où le combat de l’égalité entre les sexes nécessite une prise de conscience, une acceptation et une réflexion rationnelle sur nos ressemblances et nos différences complémentaires – biologiques entre l’homme et la femme – la pédagogie neutre éradique l’essence naturelle des genres pour l’élever dans le ciel conceptuel et abstrait des idées et de la culture.

C’est par la dissonance cognitive, la censure de la biologie hormonale et de l’anatomie que les défenseurs de la théorie du genre, sous couvert du progressisme et du combat nécessaire en faveur d’une société plus égalitaire, nient l’évidence naturelle et ontologique du vivant en affirmant l’immanence de la culture en matière d’identité sexuelle. Il s’avère en effet que la pédagogie neutre s’appuie en partie sur la prohibition livresque. Les ouvrages genrés sont régulièrement remplacés dans ces établissements scolaires par des histoires mettant en scène des entités aséxuées. Cela reste tout à fait hasardeux d’interdire au nom de l’ouverture d’esprit, de la tolérance et de l’égalité entre les sexes, la lecture ou la mention de classiques littéraires tels que Le petit prince de Saint-Exupéry, Les trois mousquetaires d’A.Dumas ou encore Roméo et Juliette de W.Shakespeare, du fait de leur simple caractère genré. Le discours des tenants de cette nouvelle idéologie se révèle être une véritable casuistique de l’ intolérance.

Interdire et s’interdire constitue le terreau de l’étroitesse d’esprit et du sectarisme.

Aussi légitime et urgent que soit le combat pour l’égalité sociale entre les hommes et les femmes, cette lutte ne devrait jamais se faire au détriment de la vérité ontologique de notre essence en niant l’essence de la nature elle-même. Il en va ainsi, aussi déterminé qu’un homme ou une femme puisse être à changer de sexe, aucun par la seule force de sa pensée et de sa volonté, ne saurait voir son attribut sexuel se transformer en son contraire. Le recours à la chirurgie plastique et l’emploi d’hormones contraires à son genre naturel plaident lourdement en défaveur de l’assertion qu’une femme ne naît pas femme mais le devient. La vérité biologique du corps humain suffit à le démontrer.

Substituer un obscurantisme par une nouvelle illusion collective ne relève non seulement pas du progrès mais il contribue à creuser le déficit rationnel et cognitif du genre humain.

 

Le moucheron contre l’éléphant

Sources :

Richard, Gabrielle. (2016). En quoi consiste la pédagogie neutre, pratiquée à l’école en Suède?  Huffpost.

Onfray, Michel. (2019). Sagesse. Albin Michel/Flammarion

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