Décryptage Glander

Sur…menage ? ~ Glander

Décryptage de la semaine

Rrr… Zzz… *baille* Ce vendredi, nous avons décidé de nous pencher sur le mot glander. Donc, pour être raccord avec la thématique, pas de décryptage aujourd’hui. *Baille* Rrr… Zzz…

C’était vraiment très intéressant !

Revenez, on plaisante ! On vous explique l’origine du mot mais en douceur dans un décryptage zen, à la fraîche, détendu du…

 

Gland ou Glande ? L’origine de « glander »

La question peut sembler triviale mais glander vient-il de gland ou de glande ? Masculin ou féminin ? La réponse est… *Roulement de tambours*

Décryptage Glander

D’accord, d’accord, pas trop vite. D’un côté, il y a la glande, altération du latin classique glans, glandis, qui signifie « organe dont la fonction est de produire une sécrétion »[1].

De l’autre, il y a gland, nom masculin, lui aussi issu du latin glans, glandis. Il signifie « fruit du chêne » puis, par analogie de forme, « objet en forme de gland », spécialement « balle de plomb d’une fronde » (1213)[2] et « extrémité antérieure de la verge » (1538)[3].

Maintenant, vous jouez dans la cour des glands !

De cet emploi anatomique vient le sens figuré d’« imbécile » ou de « fainéant » (1901), par une évolution semblable à celle de couillon. Encore une fois, le masculin l’emporte sur le féminin. Certains esprits avisés taquins diront qu’il n’est pas étonnant que glander soit l’apanage des hommes…

 

La « glande » vadrouille

C’est ainsi qu’apparaît le verbe intransitif glander[4]. On l’emploie au sens de « produire » (fin XIVe siècle) ou « ramasser des glands » (1513, rare, repris par Valéry en 1926).

Vieilli dans ces emplois où il a probablement été confondu avec glaner, glander s’emploie familièrement au sens d’« attendre en vain » (1941), « perdre son temps ».

Décryptage Glander

Ce glissement de sens s’opère probablement à partir de gland de la verge (avec l’idée de masturbation, cf. branler) et du sens figuré d’imbécile (glander pour « se comporter comme un gland »). On peut supposer aussi une influence de glandée « ramassage des glands », activité considérée comme peu productive.

Enfin, en construction transitive, glander signifie « faire une chose inepte ». De ces emplois dérivent glandeur, –euse, nom (milieu XXe siècle), glandouiller (1938) et glandage « fait de glander » (milieu XXe siècle).

Paradoxalement, nous constatons que le vocabulaire de la paresse est très actif dans la langue française (déjà vu ici, ici ou ). Pour conclure sur une note de sagesse, rappelez-vous cette parole de Désiré Mégot (Le Petit Spirou) :

Le sportif intelligent évite l’effort inutile !

 

En espérant que ce décryptage vous aura permis de glander utile ! Je vous laisse, toute cette paresse, ça m’épuise ! *Baille* Rrr… Zzz…

Hannibal LECTEUR, veut raviver la flemme

 

En bonus : et ils en sont fiers, en plus ! En Belgique, glander, c’est un métier !

 

Notes et références

[1] Qui donnera aussi dans l’usage familier récent « avoir les glandes » (ou les boules).

[2] Il désigne aussi des objets (1379 : morceau de bois, de métal, etc.) ou des coquillages (1558, gland de mer), des fruits (1611) ressemblant au gland.

[3] Ce mot se rattache, comme le grec balanos, à une racine indo-européenne gwele « gland ».

[4] Notons également glandage, nom masculin (avant 1589 ; 1443, en ancien provençal ; de gland ou glander) et glandée, nom féminin (vers 1500), deux termes d’agriculture. Ce sont également d’anciens termes juridiques signifiant « droit de ramasser des glands en forêt » (glandage, 1866 ; glandée, 1936).

Retrouvez notre précédent Décryptage → Faire le lézard

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