casque virtuel
Illustration du billet citoyen un devenir social en suspens

Un devenir social en suspens

Quel avenir pour notre société contemporaine dans un monde qui tend à devenir 100% numérique ?

Le numérique est devenu aujourd’hui un enjeu majeur autour duquel notre société, à tous ses niveaux, est désormais contrainte de s’articuler. Que cela soit dans le domaine de l’entreprise, du marketing, de l’information, de la vie privée, de la sociabilisation : le numérique est partout. On estime aujourd’hui que près de 40% de la population est née à l’ère numérique,  que plus de 85% des foyers sont équipés d’internet et plus de 65% des français de 12 ans et plus sont équipés de smartphone[1].

L’avenir de notre société contemporaine dans un monde qui tend au 100% numérique est donc un vaste sujet que je choisis volontairement d’axer sur la question de la désociabilisation engendrée par une numérisation excessive.

En effet, si le numérique a certes de nombreux avantages indéniables (gains de temps, rapidité, disponibilité immédiate de l’information) il a également des inconvénients. En ce sens l’effet d’isolement qui peut être, à terme, engendré par la numérisation de la société, mérite d’être abordé.

Aristote définissait justement l’homme comme étant un animal social et Hannah Arendt de façon plus contemporaine rappelait également que l’homme est un être social en ce qu’il vit en société, un groupement d’individus, et c’est par l’interaction, le rapport aux autres que l’homme acquiert un rôle dans la société. Ce sont ces relations sociales qui permettent à l’homme d’intérioriser les normes et valeurs sociales et, partant, de se construire une identité psychologique.  Elle résulte à fois de la contrainte imposée par certains agents sociaux mais aussi de développement du comportement pro sociaux et d’interaction entre l’individu et son environnement culturel et social. L’homme ne nait pas social, il le devient.

Comment alors « devenir social », comment apprendre des autres et de soi coupé du monde avec pour seule vue sur la société, celle que nous renvoie nos écrans ?

Le travail, premier lieu de sociabilisation, se développe aujourd’hui en se calquant sur des méthodes de management à l’américaines. Il se numérise de plus en plus à tel point qu’avec la mise en place croissante du télétravail il ne sera bientôt plus nécessaire de se déplacer au bureau, et tous les échanges pourront s’effectuer par email interposés. Toutefois dans le cadre de travaux sur l’implémentation du télétravail en entreprise, a été évoqué, à de nombreuses reprises, ce que l’on appelle les « RPS » ou Risque Psycho Sociaux. Les retours sur le télétravail dans le cadre des entreprises qui l’ont mis en place font apparaître un risque d’isolement sans parler des risques liés à l’hyper connexion.

Quant aux actions de la vie quotidienne comme faire ses courses, acheter un livre, des habits, manger au restaurants, tous ces lieux de sociabilisation s’amenuisent avec un usage de plus en plus croissant de systèmes comme le « Drive », « Uber Eat », Amazon, sans parler de toutes les grandes enseignes qui proposent toutes les achats via leur site internet.

Si le numérique a donc ses avantages, il me parait opportun de rappeler, à l’occasion de cet article, que les liens humains sont nécessaires et qu’il ne faut pas oublier que nous existons avec et grâce aux autres.

Sources :

[1] Etude annuelle « Baromètre du numérique » CREDOC

 

Redimensionnement de la police
Mode de contraste