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Illustration du billet citoyen politique et numérique, le déclic ?

Politique et numérique, le déclic ?

Quel avenir pour notre société contemporaine dans un monde qui tend à devenir 100% numérique ?

Pas un jour ne s’écoule sans que nous entendions parler de progrès, d’avancée voir même de révolution technologique. Et associé à ces termes, toujours le même mot : « numérique ».  La société numérique est dans tous les esprits. Suscitant la peur chez certains, synonyme de progrès et d’opportunités pour d’autres. La question de l’avenir de notre société contemporaine dans un monde qui tend à devenir 100% numérique ne s’est jamais posée avec autant de pertinence.

A ce titre, il est particulièrement intéressant d’analyser l’impact de la société numérique sur la sphère politique. L’a-t-elle bouleversée ?

Du point de vue de l’organisation constitutionnelle, la réponse est non. L’évolution de la société numérique n’a pas fondamentalement changé notre modèle démocratique et n’a induit aucun changement de régime pour le moment. Il ne faut pas pour autant s’imaginer que le numérique n’a entraîné aucune évolution. Bien au contraire. Internet a été et est au cœur de nouveaux comportements politiques. Il y a foison d’exemples.

Parmi les plus notables, la relation entre les administrations et leurs usagers. L’Etat, face à la vague du numérique, a changé ses pratiques et s’est lancé dans le chantier de dématérialisation des rapports entre les services administratifs – via lesquels il agit – et les usagers. Certains d’entre vous ont récemment pu s’en rendre compte (avec bonheur, n’en doutons pas), en recevant un mail des services fiscaux au titre de la campagne d’imposition en cours. Cette dématérialisation a pour effet de rapprocher le citoyen des structures publiques et de fluidifier les échanges. De plus, le citoyen bénéficie désormais d’une facilité d’accès à l’information et notamment au droit, ce qui permet de changer les rapports de force lors de ses interactions avec les services étatiques.

Autre fait notable qui commence à se répandre, les consultations citoyennes de la part des pouvoirs publics via internet. Plusieurs institutions publiques consultent désormais leurs administrés de cette manière tandis que d’autres vont jusqu’à leur offrir l’opportunité de soumettre leurs idées et suggestions (Ville de Paris[1], Institutions de l’Union Européenne…). Dans la même lignée, certains acteurs non institutionnels tels des associations[2] ou des civic tech[3] se servent de l’outil internet pour proposer des espaces de réflexion sur les problématiques sociétales et cherchent à y apporter des solutions.

Dans un autre registre, les politiques ont également été amenés à changer leurs comportements depuis l’avènement d’internet. La toile permettant l’instantanéité de l’information et rendant difficile l’oubli, leurs stratégies de communication ont dû s’adapter.  Des politiques ont vu l’aspect positif du web via l’opportunité qu’il offre de toucher un plus large public et de donner une image plus accessible. C’est ainsi que les candidats et personnalités politiques ont peu à peu été amenés à s’exposer sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…). Il est possible d’arguer d’effets négatifs, cette sur-médiatisation en conduisant certains à privilégier à outrance la forme sur le fond.

De manière prospective, la monétisation des données personnelles et leur utilisation par les grands groupes sont aujourd’hui au cœur de débats et de scandales (récemment, l’affaire Cambridge Analytica). Il est possible d’imaginer un avenir proche dans lequel des acteurs politiques se mettraient à leur tour à traiter et utiliser ces données personnelles afin d’analyser le comportement de leurs concitoyens et d’élaborer en conséquence leur stratégie électorale.

Pour conclure, bien qu’au premier abord le numérique ne paraisse pas avoir rabattu en profondeur les cartes en matière politique, il s’est imposé comme un outil novateur permettant de faire évoluer les pratiques et il garde un horizon d’applications encore inexploitées, tant par les responsables politiques que par les citoyens désireux de s’investir dans la chose publique.

Hors champ politique, la société numérique soulève un nombre considérable d’interrogations : quelle place pour les libertés individuelles ? L’altération des rapports sociaux  par les réseaux sociaux ? L’incidence de la numérisation et de la robotisation sur les rapports de travail ?

Il s’agit, à n’en pas douter, d’un champ d’étude vaste et passionnant.

 

Rivière

Sources :

[1] https://www.paris.fr/participez/proposer-et-debattre/devenir-un-acteur-de-la-participation-3934

[2] https://parlement-et-citoyens.fr

[3] https://about.make.org/qui-sommes-nous

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