Faire tintin
Décryptage expression faire tintin

Expression ~ Faire tintin

Décryptage de la semaine

En ce 91e anniversaire de Tintin, le décryptage rend hommage au reporter du Petit Vingtième en choisissant une expression… qui n’a absolument rien à voir avec le héros créé par Hergé ! Mille millions de mille sabords ! Mais alors que signifie « faire tintin » ?

 

Faire tintin : explication Haddock… et ad hoc !

Notre aventure débute au Moyen-Âge. Le nom tintin est une formation expressive qui voit le jour vers 1200 pour imiter un bruit d’objets qui tintent.  Le terme est à rapprocher du verbe « tinter », issu du bas latin tinnitare pour « gazouiller » puis « émettre un son clair ».

Le mot a servi à exprimer un bruit de cloches, de verres qui s’entrechoquent (1680) et un bourdonnement d’oreilles (XVIe siècle).

En moyen français, tintin a désigné (1312) un jeu où le perdant payait un gage (en pièces qui tintent), d’où la locution faire tintin « payer en espèces sonnantes », d’abord usitée en franco-provençal (1503) puis dans le reste de la France.

L’expression s’est ensuite perdue, avant de réapparaître avec un sens légèrement différent au XXe siècle. Par une évolution obscure, peut-être parce que tintin évoque la sonnette tirée sans succès par un quémandeur, cette locution familière signifie aujourd’hui (v. 1930) « être frustré de quelque chose » et l’interjection tintin ! s’emploie pour « rien du tout » (1938)[1].

Hannibal LECTEUR

En bonus : hommage vidéo à un pilier du VIIe art!

 

Le saviez-vous? (Histoires de dates)

Né de la plume de Georges Rémi, alias Hergé (1907-1983), Tintin est apparu pour la première fois le 10 janvier 1929 dans Tintin au pays des Soviets, aventure publiée dans le supplément jeunesse Le Petit Vingtième du journal belge Le Vingtième Siècle.

Il est le « descendant » de Totor, chef scout à la carrière éphémère créé par Hergé en 1926 pour la revue Le Boy-Scout belge.

Toujours accompagné par son intrépide fox-terrier Milou (auquel viendront s’ajouter l’irascible capitaine Haddock, le lunaire Professeur Tournesol et les maladroits Dupond et Dupont), l’intrépide reporter vit des aventures aux quatre coins du monde. Héros au cœur pur, il lutte aussi contre la misère, la violence et l’injustice.

Si Hergé a considéré cette première aventure comme imparfaite, il a néanmoins vulgarisé l’usage des phylactères (les fameuses bulles de dialogues) dans la bande dessinée européenne et a ébauché cette fameuse ligne claire qui influence encore de nombreux auteurs aujourd’hui.

Nous concluons donc ce décryptage en vous invitant chaudement à (re)découvrir les aventures de Tintin en BD ou en dessin-animé!

Joyeux anniversaire, Tonnerre de Brest!

 

[1] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Au gui l’an neuf

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