Labyrinthe en béton
Expression : Le dédale administration. Photo : Labyrinthe

EXPRESSION ~ Le dédale administratif

Décryptage de la semaine

Le célèbre architecte de la mythologue grecque, Dédale aurait-il fait preuve du même génie pour échapper aux méandres bureaucratiques comme il l’avait fait pour s’enfuir à tire d’aile du labyrinthe de Minotaure ? Pour sûr, nulle paire d’ailes faites de plumes et de cire n’aurait pu lui offrir cette échappatoire et son fils Icare n’aurait probablement pas connu un destin solaire si funeste. La jungle administrative du golem de nos Etats occidentaux aurait sans nul doute donné du fil à retorde même à un esprit aussi ingénieux que celui Dédale dont le nom aujourd’hui dévoyé se rapporte à l’adjective daidalos qui signifie « l’ingénieux » ou encore « l’astucieux ».

Vous l’aurez compris « le dédale administratif » est l’expression métaphorique la plus aiguë pour qualifier l’imbroglio administratif qui caractérise nos sociétés hyper-réglementées ou chaque acte doit être sanctionné d’une loi, d’un règlement ou d’un décret. Assimilé trop rapidement au méli-mélo, au tortueux, à l’indémêlable le fameux architecte de Minos, roi des Crétois tient sa réputation de la construction du labyrinthe où un monstre au corps d’homme et à la tête de taureau devait être enfermé pour l’éternité. Issus de l’accouplement surnaturel entre la femme du roi, Pasiphaé – ensorcelée par Poséidon pour une vengeance dirigée contre Minos – et un taureau blanc, naquit de cette union démoniaque Astérion, le Minotaure. Horrifié devant une telle abomination de la nature, Minos pour contenir la créature commanda à Dédale la construction d’un palais d’où nul ne pourrait s’échapper, pas même son concepteur… C’est ainsi que « l’ingénieux » fidèle à la demande de son roi, tomba dans le piège de sa propre création en compagnie de son fils Icare, futur protagoniste de son propre mythe.

 

Retrouvez notre précédent Décryptage → Se saigner aux quatre veines