Décryptage de la semaine

C’est à travers l’expression Être touché par la flèche de Cupidon que nous allons traiter aujourd’hui de l’enchantement de l’amour et du désir. Cause éternelle de conflits entre les hommes et en même temps sublimation de la condition humaine, Cupidon, ce maître archer aux traits ensorcelés est à l’origine de nos âmes troublées par le désir et la passion amoureuse.

Protagoniste central qui ne dévoile jamais son nom dans la tragédie Andromaque de Jean Racine, qui est Cupidon, cet être vaporeux, toujours invisible mais palpable, d’où vient-il et comment est-il devenu le détenteur du pouvoir si terrifique d’envoûter l’âme des Hommes ?

Divinité de la mythologie romaine, Cupidon est le fils de Vénus, déesse de la beauté et de Mars, Dieu de la guerre. De cette union charnelle antinomique entre le vice de la guerre et la vertu de la beauté, naquit cette créature divine, véritable incarnation de l’Amour et du Désir.

La légende veut que Jupiter, informé des pouvoirs ravageurs de l’enfant, ordonne à Vénus d’abandonner son jeune fils. Par cet acte cruel, le Dieu des Dieux souhaite se prémunir du pouvoir de nuisance qu’un Cupidon indocile pourrait apporter dans sa cité. En effet, quoi de plus incontrôlable et incontrôlé que des cœurs enivrés par la passion amoureuse ? Mais c’est faire preuve d’une profonde naïveté que de sous-estimer l’incroyable force d’abnégation que confère, justement, l’amour d’une mère pour son enfant.
Vénus, au péril de sa vie, désobéit à Jupiter et cache sa fragile progéniture au sein d’une épaisse forêt à l’abri des regards divins. Au cours de sa vie d’enfant sauvage, livré à lui-même, Cupidon, se confectionne un arc dans le bois d’un frêne et devient rapidement un archer émérite. Plus tard, le Dieu poupon se distingue en excellant dans l’art de décocher des flèches de désir dont l’enchantement est capable de faire fleurir le bourgeon de l’Amour au creux de tous les cœurs.

Souvent représenté en peinture ou en sculpture avec un morceau de tissu bandé sur les yeux, Cupidon symbolise à travers cette représentation la cécité amoureuse.

Il est important de noter que les similitudes entre la divinité grecque Éros et Cupidon sont loin d’être fortuites puisque les théologiens romains se sont abondamment abreuvés à la source de la mythologie grecque.


L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’imagination.


Le songe d’une nuit d’été – William Shakespeare

Retrouvez notre précédent Décryptage → Une réponse laconique

Redimensionnement de la police
Mode de contraste