Mensonge d’une nuit d’été ~ Bobard

Décryptage Bobard

Décryptage de la semaine

Candidat unique à sa propre réélection fictive, O’Parleur vous parle aujourd’hui de bobard. Non, ce n’est pas son programme politique (contrairement à certain(e)s) mais le décryptage du jour !

 

Allô Maman, bobard…

Le bobard est relativement récent. Enfin, le nom, pas sa pratique qui, elle, est ancestrale. On estime son apparition vers le début du XXe siècle (1900 chez Dauzat, 1912 chez Esnault).

Il tire probablement son origine de bob

Décryptage Bobard
Non, pas CE bob…

Je disais donc : il dérive probablement d’un radical onomatopéique bob- suivi d’un suffixe –ard. Ce bob- parlé exprime en effet le mouvement des lèvres, la moue, la bêtise.

On le retrouve déjà en ancien et moyen français avec :

  • Boban pour « vanité » (XIIe siècle) ;
  • Bober pour « tromper » (XIIIe siècle) ;
  • Bobert pour « présomptueux, sot » (XIIIe siècle) ;
  • Ou bobeau pour « mensonge » (XVIe siècle).

 Ces mots, qui ne sont plus en usage dans le langage courant, ont toutefois survécu dans les dialectes[1].

 

Le bel art du bobard

Le mot désigne d’abord familièrement un propos niais, une action sotte, une bêtise, sens aujourd’hui oubliés.

De nos jours, il s’applique à un conte mensonger ou fantaisiste destiné à tromper, spécialement en temps de guerre. On le rapproche également d’une fausse nouvelle. Quant aux enfants (qui sont merveilleux), ils le qualifieraient poétiquement de « mytho ».

Il a produit un dérivé, bobardier, -ière, pour « propagateur de faux bruits, de fausses nouvelles » (1922). Si l’on considère aujourd’hui le terme comme vieilli[2], il semble pourtant terriblement d’actualité…

Décryptage Bobard

Figurant fière-ment aux côtés du baratin, de la salade et autre langue de bois, le bobard a de beaux jours devant lui. Promis, juré !

Hannibal LECTEUR, ressemble plus à bobert qu’à Redford…

 

En bonus : plus de bobard, rien que la vérité. La nuit je mens, Alain Bashung (1998) :

 

Notes et références : Bobard

[1] Cf. bobine, bobèche, bombance, bonbonne.

[2] Source : LE ROBERT, Dictionnaire historique de la langue française.

Retrouvez notre précédent Décryptage → Marcher sur des œufs